Poèmes

Résolu/Fermé
Salut je suis élève en 3ème et la prof de français nous demande de savoir un poème engagé.
J'ai cherché sur le net et j'ai rien trouvé...
Est ce que quelqu'un pourrait m'aider à en trouver un pas trop long et pas trop connu (les autres élèves vont sûrement en prendre un connu). J'aimerais plusieurs poèmes engagés si possible.
Merci d'avance.

33 réponses

  1. La viande est nécessaire
    comme l’est la guerre
    la viande est nécessaire
    comme le sont les fers

    Alors tiens-toi bien en société
    mange jusqu’à ta satiété
    bois le sang et avale la chair
    le corps mort de tes frères

    mange mange mange ta viande

    La viande est nécessaire
    comme la pause publicitaire
    la viande est nécessaire
    comme le sont les vipères

    Alors mange sans t’inquiéter
    ne commets pas l’impiété
    reste un vampire au goût amer
    verse le sang et brûle les chairs

    mange mange mange ta viande

    La viande est nécessaire
    comme l’est le nucléaire
    la viande est nécessaire
    comme le sont les cancers

    Alors déguste ta bonne potée
    surtout ne montre aucune pitié
    condamne au long calvaire
    toute bête marquée à ton fer

    mange mange mange ta viande

    La viande est nécessaire
    comme l’est le cimeterre
    la viande est nécessaire
    comme le sont les ulcères

    Alors délecte-toi du pâté
    ne joue pas les empotés
    lève bien haut ta cuillère
    pour remplir les cimetières

    mange mange mange ta viande

    Ne fais pas le débecté
    ne deviens pas anémié
    une grosse ventrée pour ton père
    et une bouchée pour ta mère

    mange ta viande
    et tais-toi
    ne pense pas
    mange ta viande
    et tue-toi
    sois un bon petit
    deviens grand toi aussi
    tu dois le faire
    c’est nécessaire

    mange ta viande
    pour être un parfait Lucifer
    une bonne petite lucilie
    si fière de dévorer des vies
    juste pour s’auto satisfaire
    45
    1. trop beau, c'est toi qui la fait?
      0
    2. mais? c'est quoi cette reponce qui sert à rien...?
      0
    3. C'est clair ça ne répond pas du tout au sujet... Si c'est sur Victor Hugo que tu cherches regarde les recueils écrits en exil,
      0
    4. @t0m@soui pk ?
      0
    5. @undertesmortsmito va tu l'a trouve la ----------)http://art-engage.net/Mange-ta-viande.html
      0
  2. Il est de qui ce poème ???
    2
    1. par David Myriam
      0
  3. T'en connais pas un autre plus court il est facile à retenir ce lui la mais il y a des mots que je ne comprends pas bien....
    0
    1. Lapin vole
      Poème sur la souffrance des lapins d’élevage

      Poème et dessins contre la souffrance des lapins d’élevage, chosifiés et enfermés en cages pour leur viande, leur fourrure, torturés pour des expériences, parfois maltraités comme animaux de compagnie...

      En rond en rond en rond
      il tourne sans fin en rond
      comme atteint de rage
      le lapin dans sa cage
      pour sa fine chair
      pour sa fourrure claire
      pour un nouveau test santé
      ou pour tenir compagnie
      lapin toujours sacrifié
      sur l’autel de désirs d’autrui
      lapin toujours chosifié
      sans appel pour d’égoïstes envies.

      En rond en rond en rond
      il ronge son frein en rond
      le lapin ronge sa cage
      avec tant d’autres en prison
      il ronge sa souffrance
      il ronge sa peur
      il attend d’impossibles délivrances
      pour oublier ses immobiles douleurs,
      mais seul la mort le sortira de la cage…

      En attendant le lapin souffre en silence
      en attendant que les remords nous rongent
      et nous fassent enfin ranger les cages
      dans un recoin de nos plus sinistres songes.

      par : David Myriam

      par David Myriam
      par David Myriam
      2
      1. Ah merci tu me sauves la vie il est super bien assez court et facile à retenir... En plus j'aime bien les lapins.
        Merci beaucoup, tu peux m'envoyer le lien du site où tul'as trouvé ???
        6
      2. Sève secrète
        Court poème de saison, pour un printemps contestataire permanent

        Mai révolutionnaire devrait être toute l’année, dans l’action, les têtes et les cœurs

        Des airs chargés de sèves
        montent du sol en fête
        des airs à faire chavirer la tête
        et rêver d’une nouvelle Eve
        des airs à mener à la grève
        pour nager au large et hurler tempête
        des airs pas sages à chanter sans trêve
        pour que le souffle du printemps se relève
        pour que les senteurs libres toujours s’entêtent
        dans les déserts et les fermes de têtes.

        par : David Myriam
        ( il est court celui-la
        10
        1. salu toi pourai tu maider pour poeme stp sa marangerai
          0
        2. pourrais tu maider pour mon poeme stp
          0
      3. C'est koi la datte de parution du poèmes sur les lapins
        0
        1. quelle date stp
          0
      4. Celle du poème sur les lapins
        0
        1. c'est récent Création : 6 mai 2008 parution : 13 février 2009
          0
      5. Il a été fait par David Myriam (parceque je crois qu'il est mort récamment)???
        2
        1. je suis sur que c'est lui par contre les dates je suis pas sur je vais chercher .
          0
      6. Ok merci d'avance. De mon côté je vais faire pareil...
        4
        1. 06 mai 2008 c'est la parution je connaît pas la date de création
          0
      7. j'ai pas compris dsl
        0
        1. tu n'a pas compris quoi .
          0
      8. ca :"Ta vu en peut crée sont poème "
        4
        1. oui c normal je me suis tromper dsl
          la parution de lapin vole est le : 6 mai 2008
          0
      9. ok merci pour tout
        2
        1. salut et bonne soirée pas facile la 3ème
          0
        2. ue je les retapé d'ailleur :(
          0
      10. Ca c'est clair merci encore et bonne soirée
        2
        1. complet
          0
        2. j'arrive pas a lire les message que tu as écrit sa bug .
          écrit moi a :
          vincent-bourdey@live.fr

          Merci .
          0
        3. certain sont des extraits c'est précicer a droite du titre . ceux ou il y a rien d'écrit sont entier .
          bonne nuit je vais me couché
          a+
          0
      11. Sinon, quelqu'un ne connaîterait pas des poèmes engagés parlant de guerre ou de prison, ça à l'air intérêssant...
        4
        1. Le dernier combat

          Je me suis acculée face au mur
          je suis seule, je me sens nue
          effrayée par la peur de l’inconnu
          seule au pied du mur.

          Ses ailes glissent au-dessus de moi
          Il arrive, Il me suit partout
          son souffle me met en émoi
          Il arrive et je suis à genou.

          Je suis seule, j’ai peur de Lui
          Il me regarde et je détourne la tête
          Il me parle et je détale dans la nuit
          Il me frôle et je sors les griffes
          Il est nu et je referme mon armure
          Il m’aime et j’arme une mitraillette
          Il tend la joue et je le mets en joue
          je suis seule, je m’écroule au pied de mon mur.

          Derrière le mur Il attend
          Il a tout son temps
          le combat n’est pas pour lui
          c’est moi qui dois baisser les armes.

          Je suis seule, j’ai peur de Lui
          mais seule je ne peux être moi
          Il me réchauffe et mon cœur ne veut pas fondre
          Il me ménage par peur que je m’effondre
          Il m’éclaire et je préfère voir les yeux fermés
          Il me cherche et je m’enferre dans les prisons dorées
          Il m’aime et je n’aime que moi
          Il me tend la main et j’embrasse une autre foi
          je suis seule, j’efface les signes sur le mur.

          Derrière le mur Il m’attend
          Il me donne le temps
          mes armes ne blessent que moi
          mais c’est Lui qui verse des larmes.

          Je suis seule, j’ai faim de Lui
          et Lui n’attend que moi
          Il m’observe et je suis nue
          Il m’appelle et je réponds en silence
          Il me touche et je baisse la garde
          Il me féconde et je porterai le monde
          Il m’aime et je l’aime aussi
          Il m’embrasse et je tends la joue
          je dis lui, je pourrais dire Elle.
          Elle m’enveloppe et je me réchauffe
          Elle me porte et je flotte vers Elle
          Elle brille et j’ouvre les yeux
          Elle me trouve et j’écarte les barreaux
          Elle m’aime et je ne pense qu’à Elle
          Elle me panse et je lui tends la main
          je suis seule, avec elle.
          Je dis Elle, je pourrais dire Tu
          Tu me sondes et je suis ton écho
          Tu me frottes et je me réveille
          face au mur, transparent, je suis debout, vivante
          mes doigts tracent tes signes sur le mur
          et ma main arrache la première pierre.

          Derrière le mur tu m’entends
          nous avons le temps
          mes armes sont en poussières
          et mes larmes sont de joie.

          Ensemble
          nous démonterons le mur
          pierre par pierre
          ensemble
          nous nous tiendrons par la main.
          Pierre par pierre
          ensemble
          nous étendrons notre amour
          pierre par pierre
          ensemble
          nous construirons sans murs
          ensemble
          pour l’éternité.

          par David Myriam
          4
          1. bonjour je m'apelle marina je suis en 4eme sa seré pour savoir si tu pouré m'écrire un poéme pour se soir c urgent stp j'ai besoin de toi aide moi si tu ve bien fa me le transmettre sur malielandalle@hotmail.fr merci et jespére que tu voudra bien c trés important
            0
          2. @M----arinaaaaat'as besoin d'un poème comment (vers,rime,type)
            0
        2. Tu connaîterais pas d'autres auteurs ( comme ceux qui ont écrits des poèmes sur les guerres mondiales ou autres types de guerre).
          3
          1. Après la bataille (Victor Hugo)

            Mon père, ce héros au sourire si doux,
            Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
            Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
            Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

            Les champs couverts de morts sur qui tombait la nuit.
            Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit,
            C'était un espagnol de l'armée en déroute
            Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

            Râlant, brisé, livide et mort plus qu'à moitié,
            Et qui disait : A boire, à boire par pitié !
            Mon père ému, tendit à son housard fidèle
            Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

            Et dit : Tiens donne à boire à ce pauvre blessé
            Tout à coup, au moment où le housard baissé
            Se penchait vers lui, l'homme une espèce de Maure,
            Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,

            Et vise au front mon père en criant " Caramba " !
            Le coup passa si près que le chapeau tomba
            Et que le cheval fit un écart en arrière,
            - Donne-lui quand même à boire, dit mon père.

            (La légende des siècles)
            0
          2. @undertesmortsLe dormeur du Val - (Arthur Rimbaud 1854-1891)

            C'est un trou de verdure où chante une rivière
            Accrochant follement aux herbes des haillons
            D'argent ; où le soleil de la montagne fière,
            Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

            Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
            Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
            Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
            Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

            Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
            Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
            Nature, berce-le chaudement : il a froid.

            Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
            Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
            Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

            (Poésies souvenirs)
            0
          3. @undertesmortsPOEME 1 Maudis les corbeaux de malheur qui chantaient la guerre (Lucien Jacques)

            POEME 2 Je voudrais voir les gens qui poussent à la guerre sur un champ de bataille (A. Ponsard)

            POEME 3 Depuis six mille ans la guerre (Victor Hugo)

            POEME 4 : Le cauchemar des deux mères

            POEME 5 : Verbales chimères et tragiques dégoûts (poème d’Alexis Danan)

            POEME 6 : Solitude (Solitude : extrait de l’album Sèves)

            POEME 7 Les Martyrs (Henry Jacques)

            POEME 8 Le défilé ( F. Coppée)

            POEME 9 Petit, lorsque tu seras grand ( Henensal, instit à Roscoff, 1933)

            POEME 10 Le dormeur du Val - (Arthur Rimbaud 1854-1891)

            POEME 1

            Maudis les corbeaux de malheur qui chantaient la guerre Extrait

            ... Un vieil homme pleure dans sa vigne.

            Il avait deux gars. - Ils sont morts,

            Morts à vingt ans et de la guerre

            Plus de joie pour lui seul l’esseulé ...

            *****

            Vide le nid et ses petits tués

            Pendant le temps qu’il répétait

            Tous ces mots creux mais bien sonores :

            Gloire, tenacité et autres fariboles.

            *****

            C’est ton tourment, ces mots impies

            Que des bavards perchés au loin

            T’avaient soufflés

            C’est du poison dans ton vieux coeur.

            *****

            Tes gars sont morts ! - Pleure sur eux.

            Pleure sur toi et plains leur mère

            Et puis maudis... maudis... maudis

            Les corbeaux de malheur qui chantaient la guerre.

            Lucien Jacques (La pâque dans la grange)

            POEME 2

            Je voudrais voir les gens qui poussent à la guerre sur un champ de bataille (A. Ponsard 1814-1867)

            *****

            Je voudrais voir les gens qui poussent à la guerre,

            Sur un champ de bataille, à l’heure où les corbeaux

            Crèvent à coup de becs et mettent en lambeaux

            Tous ces yeux et ces coeurs qui s’enflammaient naguère.

            *****

            Tandis que flotte au loin le drapeau triomphant,

            Et que parmi ceux-là qui gisent dans la plaine,

            Les doigts crispés, la bouche ouverte et sans haleine,

            L’un reconnaît son frère et l’autre son enfant.

            *****

            Oh ! Je voudrais les voir, lorsque dans la mêlée

            La gueule des canons crache à pleine volée,

            Des paquets de mitraille au nez des combattants.

            *****

            Les voir tous ces gens-là prêcher leurs théories

            Devant ces fronts troués, ces poitrines meurtries

            D’où la mort a chassé des âmes de vingt ans.

            POEME 3

            Depuis six mille ans la guerre (Victor Hugo) Extraits

            Les carnages, les victoires,

            Voilà notre grand amour ;

            Et les multitudes noires

            Ont pour grelot le tambour.

            *****

            Notre bonheur est farouche ;

            C’est de dire : Allons ! mourons !

            Et c’est d’avoir à la bouche

            La salive des clairons.

            *****

            L’acier luit, les bivouacs fument ;

            Pâles, nous nous déchaînons ;

            Les sombres âmes s’allument

            Aux lumières des canons.

            *****

            Et cela pour des altesses

            Qui, vous à peine enterrés,

            Se feront des politesses

            Pendant que vous pourrirez...

            *****

            Aucun peuple ne tolère

            Qu’un autre vive à côté ;

            Et l’on souffle la colère

            Dans notre imbécillité.

            *****

            C’est un Russe ! Egorge, assomme.

            Un Croate ! Feu roulant.

            C’est juste. Pourquoi cet homme

            Avait-il un habit blanc ?

            *****

            Celui-ci, je le supprime

            Et m’en vais, le coeur serein,

            Puisqu’il a commis le crime

            De naître à droite du Rhin...

            *****

            On pourrait boire aux fontaines,

            Prier dans l’ombre à genoux,

            Aimer, songer sous les chênes ;

            Tuer son frère est plus doux...

            *****

            Et l’aube est là sur la plaine !

            Oh ! j’admire, en vérité,

            Qu’on puisse avoir de la haine

            Quand l’alouette a chanté.

            POEME 4

            Le cauchemar des deux mères

            ***** 1

            J’ai vu, dans un rêve attristé,

            Deux chaumières presque pareilles,

            Et deux voix dans l’obscurité,

            Plaintives, qui frappaient mes oreilles.

            ***** 2

            Chaque maison était cachée

            Dans un de ces vallons prospère

            D’où la guerre avait arraché

            Bien des enfants et bien des pères ...

            ***** 3

            La neige posait lentement

            Ses flocons sur les branches mortes ;

            La bise au long gémissement

            Pleurait par les fentes des portes.

            ***** 4

            Les deux foyers se ressemblaient,

            Et devant le feu des broussailles,

            Deux mères, dont les doigts tremblaient

            Songeaient aux lointaines batailles

            ***** 5

            Leur esprit voyageait là-bas :

            Point de lettre qui les rassure !

            Quand les enfants sont au combat !

            Pour les mères tout est blessure !

            ***** 6

            L’une comme l’autre invoquaient le ciel

            Priant dans sa langue ou la nôtre :

            " Mein Kind ! mein Kind " O vie cruelle !

            " Mon fils ! Mon fils " murmurait l’autre.

            ***** 7

            Et j’entendais, au même instant,

            Sur un affreux champ de carnage,

            Contre la souffrance luttant,

            Gémir deux enfants du même âge

            ***** 8

            Les deux soldats se ressemblaient,

            Mourant quand il fait bon vivre ;

            Et leurs pauvres membres tremblaient,

            Bleuis par la bise et le givre.

            ***** 9

            Ils s’éteignaient dans un ravin,

            En proie aux angoisses dernières ;

            Leurs yeux suivaient de loin en vain

            La longue file des civières.

            ***** 10

            Etrange réveil du passé,

            Qui précède l’adieu suprême,

            Evoquant pour chaque blessé

            La vision de ce qu’il aime ;

            ***** 11

            Et ces deux âmes, à l’heure sacrée

            Où la mort, en passant, vous touche

            Jetaient l’appel désespéré !

            Que les petits ont à la bouche

            ***** 12

            Les yeux remplis de souvenirs

            Une main sur la plaie grande ouverte

            Comme s’ils sentaient le froid venir

            Dans la grande plaine déserte :

            ***** 13

            " Mutter !... Mutter ! ... ( Mère )

            Komm doch bei mir ( Viens, près de moi ! ) :

            " Maman !... Maman ! (Implorait l’autre enfant )

            - Viens, je vais mourir !

            Eugène Manuel

            Poème 5

            Verbales chimères et tragiques dégoûts

            *****

            Il clame ce Tyrtée(1) aux insanglants lauriers

            Que la mort nous est jeu facile

            Qu’on rit, qu’on vibre d’aise aux chaleurs des charniers,

            - Tu sais bien qu’il ment, ce fossile !...

            *****

            ... Redis-lui le grand cri de tous ces morts sans nom

            Qui, sourds aux verbales chimères,

            N’évoquaient, ô Patrie, ô fureur du canon

            Que le pauvre front des mères

            *****

            ... Dis-lui que nous fûmes grands, peut-être ; mais dis bien

            Que nous étions sans voix et pâles

            Lorsque le vent hurlait à la mort, comme un chien

            Et que nous avions peur des râles.

            *****

            Et qu’il nous descendait de tragiques dégoûts

            Au fond de l’âme haletante

            A voir porter, la nuit, vers de sommaires trous,

            Des morts dans leur toile de tente...

            *****

            Alexis Danan ( 7 avril 1917)

            Note 1 Grec de l’antiquité célèbre pour ses louanges à la guerre

            Poème 6

            Solitude

            *****

            ...Cassé en angle obtus à peine,

            En ses habits d’une autre mode,

            Un paysan claudique au lond des labours verts

            *****

            Les blés sont beaux.

            Ils promettent d’user, aux prochaines moissons

            L’ardeur des moissonneurs

            Et le tranchant des faulx.

            *****

            Mais ni l’espoir des gains futurs

            Et ni la splendeur de l’automne

            Ne font fluer la joie

            Au coeur du vieux semeur.

            *****

            Il se penche vers tous les automnes passés

            Lorsqu’il allait, robuste encore, par les sentes

            Avec, auprès du sien, le pas lourd de son fils.

            *****

            Leur bonheur était simple en leur humble maison

            Où ne vibrera plus le chant grave du garçon

            Que la guerre a couché dans les terres étrangères.

            *****

            - Et le vieillard cassé pleure, solitaire...

            Poème 7 Les Martyrs

            *****

            Vous qui dites : "Mourir, c’est le sort le plus beau"

            Et qui, sans le connaître exaltez le tombeau,

            Venez voir de plus près, dans ses affres fidèle,

            Cette mort du soldat qui vous semble si belle.

            *****

            Vingt hommes à la file, au fond d’une tranchée,

            Coltineurs d’explosifs sur leur tête penchée.

            Tout à coup, c’est la mort qui passe : un tremblement,

            Un souffle rauque, un jet de flamme. En un moment

            Les soldats ont fondu dans la rouge fumée,

            Et la terre en sautant sur eux s’est refermée.

            Quand le brouillard puant s’est enfin dégagé,

            Le néant : aux débris du boyau mélangés

            Des parcelles de chair et des bouts de capote,

            Un bras nu, une main crispée sur une motte,

            Des cheveux arrachés, de la boue et du sang.

            On retrouverait d’eux, en les réunissant,

            Morceau de chair salie, de cervelle ou de moëlle

            De quoi remplir à peine une moitié de toile.

            *****

            Et cet autre ? Le soir, de veille à son créneau,

            Il s’est laissé surprendre au moment d’un assaut

            Par les lance-flamme d’une attaque hardie.

            Echevelé de pourpre et vivant incendie

            Il court, mais de ses mains qui flambent peu à peu

            Cherche en vain d’arracher ses vêtements en feu.

            Il se tord comme un fer rouge dans une forge ;

            Des cris terrifiants rissolent dans sa gorge

            Qui vont épouvanter les veilleurs dans la nuit.

            Il court sans savoir où, mais son bûcher le suit.

            La flamme, plus puissante, enfin, qui le terrasse,

            Jette sur le sol cuit la flambante carcasse.

            Une étouffante odeur monte, de cuir grillé.

            Ce n’est plus qu’un débris tout recroquevillé.

            Et ce qui fut un homme à la pensée divine

            En rougeoyants charbons lentement se calcine,

            Laissant, en souvenir de son destin fatal,

            Un tas de cendre où luit un fragment de métal.

            *****

            Et les autres, les millions d’autres, le dirai-je ?

            A quoi bon évoquer leur funèbre cortège,

            Et leur face tendue, et leurs gestes déments,

            Les hommes aplatis sous les effondrements,

            Les enterrés tout vifs dans les abris qui croulent,

            Les fantassins fauchés par les balles en houle,

            Les asphyxiés, les écrasés, les massacrés,

            Les malades crachant leurs poumons déchirés,

            Spectres dont le bacille épuise la poitrine,

            Ceux qui mettent des mois à mourir dans leur ruine.

            A quoi bon ! Ils sont trop, on ne les connaît plus.

            Un monument, les mots exaltant leurs vertus,

            Des fleurs et des drapeaux joyeux ! O morts de France,

            N’est-ce pas qu’il ne faut qu’un douloureux silence,

            A ceux dont la jeunesse a peuplé les tombeaux ?

            Que le sort des martyrs n’est pas tellement beau ?...

            Henry Jacques

            La symphonie héroïque

            Poème 8

            Le défilé

            *****

            ...Le régiment défile, et l’enfant s’extasie,

            Craintif, et se tenant à la jupe saisie

            De sa mère, il admire, avide et stupéfait,

            Et tremble. Tout à coup, celle-ci, qui rêvait,

            Le regarde, et soudain elle devient peureuse.

            La pauvre femme, qui naguère était heureuse

            Que pour son fils ce beau régiment paradât,

            Craint maintenant qu’il veuille un jour être soldat ;

            Et même, bien avant que ce soupçon s’achève,

            Son esprit a conçu l’épouvantable rêve

            D’un noir champ de bataille où, dans les blés versés,

            Sous la lune sinistre, on voit quelques blessés

            Qui, mouillés par le sang et la rosée amère,

            Se traînent sur leurs mains en appelant leur mère,

            Puis qui s’accoudent, puis qui retombent enfin ;

            Et, seuls debout alors, des chevaux ayant faim

            Qui, baissant vers le sol leurs longs museaux avides,

            Broutent le gazon noir entre les morts livides !...

            F. Coppée

            POEME 9

            Petit, lorsque tu seras grand

            *****

            Petit, lorsque tu seras grand,

            On te dira d’aller te battre,

            Et l’on te montrera du doigt

            Ceux-là qu’il s’agit d’abattre.

            *****

            On te dira : c’est l’ennemi.

            Sus à lui, petit, meurs ou tue,

            Eventre-moi cet habit gris

            Contre lequel tu t’évertues ;

            *****

            Et toi tu marcheras, bardé,

            Sanglé, parqué, numéroté,

            Vivant la tragique aventure

            *****

            Sans comprendre, enfoui dans la nuit,

            Dans la misère et dans le bruit,

            Noyé dans la boue et l’ordure,

            *****

            Jusqu’à ce qu’un morceau de fer

            Fasse un pauvre tas de sa chair

            Et la disperse en pourriture.

            Henensal, instit à Roscoff, 1933

            POEME 10

            Le dormeur du Val - (Arthur Rimbaud 1854-1891)

            C’est un trou de verdure où chante une rivière

            Accrochant follement aux herbes des haillons

            D’argent ; où le soleil de la montagne fière,

            Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

            *****

            Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

            Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

            Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

            Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

            *****

            Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

            Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

            Nature, berce-le chaudement : il a froid.

            *****

            Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

            Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

            Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

            (Poésies souvenirs)

            voila c tout ce que j'ai trouvé
            0
          4. c un poème engagée: Après la bataille (Victor Hugo)?
            0
        • 1
        • 2