Lutte contre plagiat sur Internet

armeol Messages postés 39 Statut Membre -  
 lene -
Bonjour,
j'aimerais savoir si quelqu'un connait les liens où je pourrait trouver des informations sur comment concevoir un système de lutte contre le plagiat sur Internet.Actulement je prépare mon mémoire de fin d'étude.
Merci pour tout apport
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3 réponses

Riles
 
Bonjour,j'aimerais bien vous faire savoir que le theme de memoire que vous avez selectionnez est le meme que le mien,donc si vous voudrez qu'on s'entraid sur ce travail ,j'attenderais votre reponse sur ma boite ou de preferable sur "msn" et je vous attend by
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lene
 
salut,moi aussi je dois faire un mémoire sur le thème du plagiat.. j'ai déjà quelques bonnes idées dans la tete, mais je suis sure que si on s'aide on peut s'améliorer, donc j'attend une réponse de ta part!!
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Phoenix
 
le plagiat, tu penses sans doute au fait que certains puissent récupérer des images et du texte dont tu est l'auteur: commençons de manières pessimiste: tout informaticien qui s'y connait un peu pourra récupérer tout ce qu'il a sur son écran, d'une manière ou d'une autre. pour les images, il suffit de faire une copie d'écran et hop pop hop.
Maintenant revenons un peu optimiste, si tu veux protéger ton mémoire, tu peux toujours utiliser des logiciels comme acrobat reader qui te permettront de protéger un fichier, et donc de limiter cette récup, par contre si la personne veux vraiment ton contenu, et s'y connais un peu, là ya pas de magie.
C'est assez paradoxale, car je penses que comme tout le monde, tu veu faire connaitre ton mémoire, et plus tu fais connaitre ton mémoire, plus des gens pourront le récupérer, penses à y laisser un sorte de copyright, ça pourra tj faire style.
bonne chance
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Wasjtimush
 
Hello la compagnie !
J'ai rédigé une partie d'un mémoire pour un certain Laurent CIMAN de Belgique. Je souhaite publier sur le web les résultats de mes travaux afin qu'il n'endosse pas les mérites d'un travail qu'il n'a pas payé, alors qu'incapable de le faire lui-même, il me l'a commandé.
Je joins le lien de mon travail ici:

« Il y a en Belgique des Wallons
et des Flamands ;
il n’y a pas de Belges »

Nonante-six ans après la lettre célèbre de Jules Destrée au Roi Albert Ier, le constat reste d’actualité. Il y a une Belgique ; il y a des Flamands ; il y a des Wallons ; il n’y a pas de Belges. Ou si peu…
La lettre au Roi, due à la plume acerbe de Jules Destrée, parue en août 1912 dans la « Revue de Belgique » tient en deux grands traits :
· « Et maintenant que me voilà introduit auprès de Vous, grâce à cette sorte de confession, laissez-moi Vous dire la vérité, la grande et horrifiante vérité : "Il n'y a pas de Belges, mais des Wallons et des Flamands." »
· « Sire (...) Vous régnez sur deux peuples. Il y a en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n'y a pas de Belges. »

Aussi curieux que cela puisse paraître, le Roi Albert Ier, fit savoir à son secrétaire, Jules Ingenbleek, qu’il en comprenait le sens et, à la limite, l’approuvait :
« J'ai lu la lettre de Destrée qui, sans conteste, est un littérateur de grand talent. Tout ce qu'il dit est absolument vrai, mais il est non moins vrai que la séparation administrative serait un mal entraînant plus d'inconvénients et de dangers de tout genre que la situation actuelle. »

Éviter le divorce belge

Le commentaire du Roi Albert Ier conserve toute son actualité tandis qu’aujourd’hui, la plupart des acteurs politiques influents en Belgique sont d’avis que s’il faut bien une nouvelle grande réforme de l’État, il faut à tout prix éviter un divorce entre Flamands et francophones.

Dès la formation de la Belgique, mouvementée après les journées de septembre 1830, lorsque les Hollandais furent boutés de Bruxelles, la création de cet État fut strictement francophone et ne manqua pas, ab initio, de susciter des réactions parmi la population flamande, obligée à utiliser la seule langue officielle, le français, pour la plupart des démarches administratives et officielles. Au Gouvernement, on avait rapidement conclu la chose, estimant qu’il était impossible de traduire tous les textes en français dans les différents dialectes flamands.

L’animosité de bon nombre de gens pour le flamand provenait de la politique assez particulière de Guillaume Ier. Le souverain hollandais, lors de l’occupation du pays, imposa le néerlandais pur et dur en Flandre et à Bruxelles, ainsi que dans ce qui correspond à l’actuelle province du Brabant wallon. Il essaya même d’introduire le flamand en Wallonie, mais y essuya un échec, la population refusant de se soumettre à son diktat.

Le français, langue dominante

A l’image des premiers scrutins électoraux, le français dominait dans la vie politique. Seuls les notables, magistrats, médecins, gens de droit, membres du clergé, ainsi que les personnes titulaires de hauts diplômes (scrutin capacitaire) et les possédants (scrutin censitaire) avaient accès aux urnes. Pour la première élection de novembre 1830, cela explique le fait que seuls quelque 33.000 électeurs étaient censés représenter l’ensemble de la population du Royaume.
Cette Belgique était née dans l’artifice et se poursuivait dans l’artifice ainsi que, ce qui est grave, sous la contrainte francophone étendue à l’ensemble du territoire. Le sentiment d’appartenance à une communauté linguistique distincte est certes d’abord né en Flandre, en réaction à ce joug permanent imposé à tous les niveaux administratifs, législatifs, sociaux et culturels. La contrainte francophone s’opposa longtemps à la pratique du dialecte wallon, dans les écoles notamment.

Le clergé sauve la Flandre

Le sentiment d’appartenance linguistique, communautaire, naîtra d’abord en Flandre. Ses principaux initiateurs ? Les membres du clergé, curés et vicaires qui parlent le patois flamand avec leurs ouailles. Ils sont farouchement opposés au néerlandais que l’ancien occupant véhiculait et, avec lui, qui symbolisait le prosélytisme du protestantisme. En ces temps-là, on ne badine pas entre catholiques et protestants. A une écrasante majorité, les Flamands sont catholiques pratiquants. Les sermons et discours de leur clergé auront donc une influence déterminante sur l’avenir du mouvement flamand, né au pied des chaires de vérité !

On peut pas en dire autant du mouvement wallon, pas vraiment né, qui couve au fond des mines de nos charbonnages où d’innombrables Flamands viennent travailler. Beaucoup s’installeront en Wallonie et en adopteront les us et coutumes, y compris la langue et le dialecte.

En 1840, la Flandre se hérisse contre l’hégémonie des francophones, avec une pétition signée par plus de 13.000 personnes réclamant l’usage du flamand dans les provinces, les communes, l’administration, la Justice et l’enseignement, avec pour cette dernière catégorie, une spécificité : autoriser l’usage du flamand là où le français, comme dans les Universités, était la règle ; autoriser le flamand à parité avec le français, à Gand, notamment.

Ce combat pour la langue flamande va durer longtemps et se prolonge encore aujourd’hui. Sait-on que le Parlement national belge n’instaura la traduction simultanée français-flamand qu’en 1936 ? On croit rêver…

Une minorité dominante

Dès 1847, soit sept ans après l’échec de la pétition pour l’usage du flamand, Henri Conscience publie un document collectif : « Le Manifeste du Mouvement Flamand ». Ce texte n’a rien à envier à la lettre qu’écrira au Roi Albert Ier, Jules Destrée, bien des années plus tard. « (…) La majorité de la Nation est dominée par l’autre partie, minoritaire… ». Tout était dit. Et ce discours revient aujourd’hui dans les propos des nationalistes flamands et des Flamands tout court : « Dans le Gouvernement Leterme, la minorité francophone détient la majorité des portefeuilles ».

Monsieur 800.000 voix (flamandes), Yves Leterme, devenu vaille que vaille Premier ministre gouvernant, a trouvé dans son propre camp la contestation qu’il a, un temps, essayé d’étouffer, lui qui devait, en dépit de son amour propre, se placer au-dessus de la mêlée. Après avoir été le chef du gouvernement flamand dans lequel il avait laissé une marque nationaliste flamande très affirmée. Devenu Premier, il lui fallut quelques mois et quelques échecs pour enfiler correctement le costume d’un Premier ministre belge et non plus d’un flamand. D’échec en échec, de négociation en négociation, les deux gouvernements Leterme ont finalement trouvé un certain équilibre, probablement après des pressions répétées de la Maison royale. On pourra peut-être dire plus tard que l’actuel Premier ministre, flanqué de son inséparable ministre des Finances, Didier Reynders, a redoré son blason communautaire et belgo-belge grâce aux décisions du Gouvernement prises dans le cadre de la crise bancaire qui a secoué les bases apparemment solides des Fortis, Dexia, Ethias, KBC et autres institutions à la réputation financière établie.

On sait que l’été 2008 a produit un petit groupe de sages, chargés d’élargir un groupe de négociateurs capables de coucher sur papier une nouvelle et grande réforme de l’État. La clef de celle-ci n’est plus uniquement linguistique. Elle se négociera en monnaie sonnante et trébuchante : les moyens financiers mis à la disposition des Communautés et Régions afin d’administrer les compétences qui ont été déplacées de l’État unitaire, devenu fédéral, vers les entités fédérées (Communautés et Régions).

Le chaos institutionnel

Le système sera évidemment complexe. Comme l’est déjà notre montage fédéral : un Gouvernement fédéral et deux Chambres législatives ; un Gouvernement et un Parlement bruxellois où majorité francophone et minorité flamande se partagent les compétences ; une Communauté flamande dont la capitale et le Parlement ont leur siège à… Bruxelles. Une Communauté française, siégeant à Bruxelles, mais présidée par le ministre-président de la Région wallonne, dont le siège du Gouvernement et du Parlement sont à Namur. Enfin, il y a la Communauté germanophone, autonome pour les matières personnalisables, mais partiellement dépendante de la Région wallonne pour d’autres compétences. Cette petite communauté de 70.000 habitants réclame d’ailleurs une extension de ses compétences, dont l’Urbanisme, ce qui semble bien naturel.

Outre ces différents Gouvernements, Parlements, l’État fédéral repose encore sur dix provinces aux compétences assez désuètes et dont les principales (sécurité) dépendent du ministère de l’Intérieur, tandis que l’enseignement (fonction majoritaire) pourrait sans grande difficulté être transféré aux Communautés…

Dernier niveau de pouvoir, mais non des moindres, les communes. Ces communes qui ne posent pas de problème pour la plupart sauf lorsqu’elles se situent dans des zones linguistiquement discutables ou discutées.

C’est là tout le problème du fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) dans lequel se situent des communes à populations linguistiquement différentes où généralement les francophones sont majoritaires. Ces communes de la ceinture bruxelloise offrent encore des « facilités » à leurs concitoyens qui font usage de la langue non officielle de la commune. Ces facilités permettent aussi aux citoyens de voter sur des listes électorales rattachées à leur communauté linguistique.

Revendications impossibles

Personne, pas un expert, pas un observateur averti, ne s’aventurerait à donner un pronostic sur l’avenir des propositions qui seront sur la table des négociations : la scission de l’arrondissement BHV ou, au contraire, l’extension de la Région de Bruxelles-Capitale à d’autres communes au grand dam des Flamands.

Aucune des deux propositions ne recevra la bénédiction de la Communauté qui n’y est pas dominante. Et c’est là que se joue, entre autres, l’avenir de l’État belge, l’avenir de l’État fédéral, voire l’avenir de la Monarchie de plus en plus souvent remise en cause par des partis du Nord du pays.

La plaie de 40-45

L’histoire de l’identité wallonne commence en 1888, avec la naissance du Mouvement wallon. Il sera le nid de réflexions similaires à la position affirmée en 1912 par Jules Destrée. Le Mouvement wallon évoluera au fil des événements nationaux : la création de la frontière linguistique en 1921, la guerre 1940-1945 avec son cortège de divisions entre Flamands et Wallons, les premiers étant naturellement portés vers un collaborationnisme, les seconds optant, timidement parfois, pour une résistance à l’occupant nazi. Au sortir de la guerre, l’épuration laisse des plaies béantes, qui sépare encore plus le Nord du Sud. Puis vient la Question royale, dès 1945, avec la mise en cause de la politique affichée par le Roi Léopold III durant l’occupation allemande. La consultation de 1950 coupe le pays en deux. Le Nord flamand vote le retour du Roi aux affaires, le Sud wallon le rejette avec virulence. Les Wallons menacent de monter sur Bruxelles. Baudouin, fils de Léopold III, devient le cinquième Roi des Belges le 17 juillet 1951, tandis que son père a choisi de s’effacer.
Leuven vlaams

La Question Royale a, une fois de plus, montré que les deux peuples de la Belgique, ont une identité propre, spécifique, qui les sépare définitivement. La naissance de la Volksunie, en 1954 n’est pas le fait du hasard. Pas plus que celle du FDF en 1964, alors que les lois linguistiques ont été promulguées en 1962, un an après les grandes grèves de l’hiver 60-61 et la marche flamande sur Bruxelles de 1961.

Le divorce n’est pas consommé pour autant. En 1968, Louvain devient Leuven, tandis que la première vraie réforme de l’État intervient avec les lois de 1970. Cette première réforme sera suivie par d’autres en 1980, 1988 et 2001, avec, entre-temps, la publication de circulaires, sur les facilités linguistiques notamment. La question fouronnaise pourrira encore un peu plus les relations Nord-Sud en Belgique, avec des affrontements communautaires dans les villages des Fourons au début des années ‘80.

Le « carrousel » fouronnais s’arrêtait, une fois sorti de l’actualité, essentiellement avec le départ de José Happart, installé à Liège et devenu plus tard depuis président du Parlement wallon, uniquement à titre honorifique.

Entre la dernière réforme de l’État de 2001 et les projets pas encore connus de 2008, les revendications flamandes n’ont cessé de verser dans la surenchère. Le paysage démographique belge affiche, en 2008, une population wallonne de 3,5 millions d’habitants, tandis que Bruxelles réunit plus d’un million d’habitants, considérés à près de 90% comme francophones et ce, sans tenir compte de la part importante tenue par les allochtones dans les communes bruxelloises. Toutefois, manifestement, les Flamands sont largement minoritaires à Bruxelles. Les Flamands représentent, pour l’ensemble du pays, un peu plus de 6 millions d’habitants. Les germanophones stagnent à 70.000 unités, en Région wallonne.

L’impossible réforme

La prochaine réforme de l’État visera non seulement des compétences nouvelles (emploi, santé, sécurité sociale) mais surtout des moyens financiers nouveaux retirés à l’État fédéral. C’est dire que la Wallonie aura moins de moyens, malgré des compétences plus larges.

Toute la question de l’avenir de la Belgique va se jouer sur Bruxelles, à la fois en tant que Région, mais aussi en tant qu’arrondissement électoral. Il n’est pas encore venu celui qui pourra imaginer un règlement équitable et pacifique sur ces questions qui risquent de pourrir longtemps encore.

En moins d’un an, d’octobre 2007 à septembre 2008, les mentalités, tant en Flandre, qu’en Wallonie et à Bruxelles, ont sensiblement évolué. Depuis les élections législatives de juin 2006, l’objectif d’une énième réforme de l’État a hypothéqué la formation d’un gouvernement stable et durable.

Les sondages politiques indiquaient, à l’automne 2007, qu’une faible majorité de Belges prenaient position pour une grande réforme de l’État, sans doute sans savoir ce qu’on y mettrait dedans. Les Wallons étaient les moins chauds à cette perspective, avec un peu plus de 40% de citoyens se déclarant prêts à cette nouvelle réforme de l’État, alors qu’un an plus tard, cette proportion se rapproche de la majorité en Wallonie et à Bruxelles.

L’identité flamande renforcée

L’identité flamande est certainement une réalité bien plus concrète que l’identité wallonne. Six Flamands sur dix attachent une grande importance à plus d’autonomie. Les Bruxellois sont aussi nettement plus concernés par une réforme qui changerait certaines données dans leurs rapports avec les administrations et tout ce qui touche à l’institutionnel.

En Wallonie, il est difficile de considérer qu’il existe un réel sentiment d’appartenance à la Région. On se trouve face à deux notions différentes : l’identité wallonne, fort variable d’un endroit à l’autre de la Wallonie, et l’appartenance à la francophonie, qui correspond à une réalité bien concrète. Mais cette réalité, qui devrait aussi englober Bruxelles avec une population considérée à plus de 90% comme francophone, est très différente dans la capitale fédérale.

« L’attachement à la Belgique et à certains de ses symboles reste une donnée incontournable en Wallonie. Cet attachement est sans doute aussi un obstacle à l’affirmation d’une identité wallonne forte. Dans le même temps, on constate que plusieurs formes d’attachement peuvent coexister sans être nécessairement antagonistes. Un autre obstacle réside probablement dans le façonnement spécifique du fédéralisme belge avec un découpage entre communauté et région. Il est difficile pour une région de nourrir un sentiment d’appartenance dès lors qu’elle ne dispose pas d’outils en matière culturelle et éducative. Mais ce sentiment n’est pas partagé par tous les Wallons, tant il est vrai que pour certains l’attachement à la langue française reste un élément essentiel de leur identité. Reste que l’idée d’un rattachement à la France émise par d’aucuns ne semble pas séduire une majorité de Wallons (…). » [Histoire de la Wallonie, De la préhistoire au XXIe siècle, éditions Privat, pp. 342, 343].
On constate qu’en Flandre l’attachement à la « Nation flamande » et le sentiment d’appartenance à cette communauté se confondent. La population adhère massivement à ces concepts qui rendent le sentiment d’appartenance flamand comme une réalité qui a évolué au fil du temps, en se renforçant considérablement dans toutes les couches de la société civile.

A la mi-septembre 2008, un sondage « Dedicated Research – RTBF – Le Soir » indique que pas plus de 5 % des sondés wallons se disent "surtout Wallons" . C'est d'autant plus faible que, par contraste, pas moins de 18 % de sondés bruxellois se disent "surtout Bruxellois".

Le patchwork bruxellois

Le Bruxellois, majoritairement et erronément qualifié de « francophone », ne voit pas de lien vital ni sentimental vis-à-vis de la Wallonie. Il est bruxellois avant tout. A moins qu’il ne soit turc, maghrébin ou africain. Outre la frontière linguistique, l’hinterland de Bruxelles, le Brabant wallon, constitue déjà une sous-région où le sentiment d’appartenance wallonne est très relatif. Ce phénomène est notamment dû au fait qu’une bonne partie de la population du Brabant wallon est plus économiquement et sociologiquement axée vers Bruxelles que vers la Wallonie, dont l’image-type reste celle du déclin industriel.

La symbolique fouronnaise

L’histoire des différentes réformes de l’État s’est surtout focalisée sur des territoires aux limites précises : Fourons, avec ses quelques villages patoisants, majoritairement francophones, mais assimilés à la culture flamande surtout avec la prise en compte, dans l’électorat communal des innombrables ressortissants néerlandais qui ont élu domicile dans ce petit territoire champêtre.

Fourons a été longtemps emblématique dans la lutte des francophones face à une certaine hégémonie flamande. D’autres éléments ont joué un rôle de catalyseur de la culture francophone comme les affaires des « Guichets de Schaerbeek », à une époque où le seul fonctionnement des facilités linguistiques demeurait un élément fort de contestation d’à peu près tous les partis flamands.

Dans l’air du temps…

Avant d’être lié aux populations, le sentiment d’appartenance à telle ou telle communauté est surtout le fait des partis politiques qui ont mis, tous, dans leurs programmes, des éléments communautaires plus ou moins forts, comme ils y ont mis l’écologie parce que c’était dans l’air du temps...

Un lapin sorti du chapeau ?

En Politique, le communautaire est un peu comme l’écologie. Au début, l’un ou l’autre parti, sans grande influence, se sont risqués à y adhérer, ne fût-ce que partiellement en y mettant quelques éléments dans leurs programmes, histoire de ratisser plus large dans l’électorat. Ensuite, vu le succès de ces « idées », chaque parti a cru bon et utile de s’y rallier, d’y mettre soit une touche verte prononcée, soit une touche communautaire bien évidente. Le paysage politique belge a évolué, progressivement, avec ces éléments qui, en quarante ans, ont pris le devant le la scène. Quel est le parti qui, en 2009, oserait ne pas mettre le communautaire et l’écologie comme priorités à son programme ? Or, c’est bien à l’échéance de juin 2009 que nous devons nous tenir. D’ici là, il est peu vraisemblable que les négociateurs communautaires auront sorti un lapin de leur chapeau. On ne va pas régler la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde en deux coups de cuillers à pot. On ne va pas non plus régler le renforcement spécial que certains prévoient pour toutes les compétences régionales et communautaires.

Le double « jeu » wallon

L’erreur francophone est aujourd’hui visible, mais irréparable. Tandis que la Flandre s’instituait légalement en Communauté, choisissant, contre toute logique démocratique, Bruxelles (Brussel) comme capitale, les francophones optaient pour des solutions différentes : une Communauté française, dont le siège serait, bien sûr, à Bruxelles, mais dont la plupart des élus seraient issus de Wallonie ; une Région wallonne dont la capitale, afin de mettre tout le monde d’accord, deviendrait, contre toute attente, Namur (ou plutôt Jambes), alors que les rôles de Liège, de Charleroi, de Mons, de Tournai, de Verviers, ne relevaient plus que de la figuration.

La réalité flamande

Ce qui fait l’identité flamande, c’est un large consensus sur les limites de la Communauté-Région, sur la capitale hors communauté flamande (Bruxelles) qui reste un symbole fort même si les francophones y sont, là, plus nombreux, et sur une culture « agressive », dynamique, permanente, omniprésente et largement populaire. Et surtout, l’identité flamande se base sur une valorisation de la culture flamande, sur l’application du droit du sol, sur la propagation de la langue et sur l’obligation de ne parler que cette langue dans les limites de la Communauté flamande et des communes qui s’en revendiquent.

Prenons un exemple que d’aucuns peuvent considérer comme significatif : l’insertion, l’intégration d’immigrés ou de nouveaux arrivants dans leur nouvelle communauté d’adoption. Pourquoi prendre un tel exemple ? Tout simplement parce qu’on peut juger l’identité forte d’une communauté ou d’une région à la manière et aux moyens qu’elle utilise afin d’intégrer les personnes qui souhaitent en faire partie. Et dans ce domaine, entre les Flamands et les francophones, Bruxellois y compris, il n’y a pas photo, comme on dit !

Tu n’es pas wallon, donc tu ne m’intéresses pas !

La démonstration est faite. Que pratique la Wallonie dans ce domaine ? Rien ou presque. Les initiatives dépendent des villes, des directions du FOREm, des Centres publics d’Action sociale. L’expérience montre que le nouvel arrivant est simplement livré à lui-même, qu’aucune consigne ne lui est transmise ni dans le domaine des habitudes locales, ni dans des problèmes aussi pointus que le traitement sélectif des déchets et la pratique de la langue. Tout au plus, si le nouvel arrivant est bien encadré, aura-t-il droit à un écolage dans un centre de formation privé (ASBL) à l’issue duquel il n’aura en poche qu’un certificat n’ayant sur le marché de l’emploi qu’une valeur relative.

Étranger, tu deviens un vrai flamand !

Arrivé en Flandre, le nouvel arrivant est tout de suite pris en charge par un(e) assistant(e) social(e) qui lui attribue un logement adéquat, lui procure les repas, le service de blanchisserie, des soins de santé gratuits, un horaire de cours de néerlandais et, à la clef, une formation qualifiante. Le nouvel arrivant, une fois installé sur le territoire flamand aura l’assurance d’avoir le gîte et le couvert, l’entretien de son studio, des cours de néerlandais, la gratuité des frais de transport, des entretiens réguliers avec son assistant(e) social(e), une visite régulière d’un ouvrier d’entretien de la société de logement qui l’héberge, des réunions festives organisées par les services sociaux et réunissant plusieurs nouveaux arrivants. Après quelques mois, le résultat est là : le nouvel arrivant parle couramment le néerlandais, tout en ayant la possibilité de pratiquer sa langue originelle, a une qualification et peut se lancer sur le marché de l’emploi. De plus, des liens sociaux se sont tissés durant ces mois. En peu de temps, le nouvel arrivant connaît les principales règles du jeu : le fonctionnement administratif, ses droits et ses devoirs, les comportements civiques et ceux qu’il faut éviter, etc. [Expériences réussies à la ville d’Alost].

A Bruxelles, les choses sont différentes, selon les communes dans laquelle le nouvel arrivant échoue. A Saint-Gilles, on pratique de l’insertion positive, tandis qu’à Schaerbeek, on laisse le nouvel arrivant se débrouiller seul et, le cas échéant, émarger rapidement sur le marché de l’emploi au noir.

Quel est le rapport entre ces exemples et une réforme de l’État ou avec le sentiment d’appartenance à une communauté ? Il est plus qu’évident. La Flandre met des moyens considérables à la disposition des nouveaux arrivants, à la condition qu’ils s’intègrent rapidement et utilement dans la communauté flamande. Bruxelles met de petits moyens, selon le principe du saupoudrage. Donc, les résultats ne peuvent ni être spectaculaires, ni durables.

Mentalité wallonne en recul

En Wallonie, on a l’impression que moins on met de moyens à la disposition des nouveaux arrivants et plus l’opinion sera satisfaite. On navigue en réalité dans l’indifférence générale, à commencer par l’indifférence des pouvoirs publics. Ce n’est évidemment qu’un leurre. Mais les résultats sont là : l’intégration des nouveaux arrivants est proche du niveau zéro, tant sur le plan de l’insertion linguistique que matérielle, sociale ou professionnelle. Ces conditions donnent l’impression que la Wallonie vit encore dans un autre siècle.

Ce constat va évidemment titiller certains esprits chatouilleux. Avec une première conclusion à digérer : les Flamands ont un sentiment conscient et concret de leur appartenance à leur communauté. Ce qui n’est pas le cas des Wallons, hormis des quelques-uns qui militent dans des formations et groupuscules rattachistes ou plus spécifiquement wallons. Par contre, les Bruxellois ne se sentent ni Flamands, ni Wallons, pas plus que « seulement francophones. » Ils tiennent à leur identité bruxelloise, très spécifique et impossible à accoler à la Wallonie. Donc, il est illusoire de penser qu’on verra un jour une seule entité « Wallonie-Bruxelles » comme le rêvent certains politiques du Sud du pays, tandis que les politiques bruxellois ne partagent pas du tout ce concept.

La récession au premier plan

La crise financière, puis la crise économique qui frappe tous les pays industrialisés du monde, a sans doute joué en 2008 un rôle particulier en Belgique. D’une part, la crise financière a occulté la crise communautaire, avec le renforcement du rôle de l’État fédéral dans le maintien d’un système bancaire devenu défaillant dans la foulée des spasmes de l’économie américaine. D’autre part, la crise économique qui bouleverse notre économie et dont, à l’heure actuelle, on ne connaît que le début des ravages, affaiblit le sentiment d’appartenance à la Wallonie, à une seule communauté, francophone celle-ci, tandis que le niveau fédéral a tenu et tient encore la une de l’actualité.

Cette première décade des années 2000 est certainement caractérisée par une renaissance de l’inflation et de la récession économique. L’inflation s’est emballée dès l’automne 2007, s’accentuant au fil du temps avec l’envolée des prix des produits pétroliers qui ont connu un pic significatif en juillet 2008. Mais, comme un soufflé sorti du four, tout cela est vite retombé. La faiblesse du dollar par rapport à l’euro fait désormais partie du passé, tandis que le cours du baril de pétrole frôle la barre des 60 dollars. Mais nous sommes économiquement moribonds.

La crise balaye tout

L’économie de la finance et le contexte mondial de l’économie réelle touchent les institutions de près, leur conférant plus ou moins de valeur, les affaiblissant ou les renforçant dans leur rôle. La Wallonie avait regagné en influence avec le « plan Marshall », puis avec la double casquette de la présidence de la Région wallonne et de la Communauté française, coiffée par le P.S. Rudy Demotte. Ce regain d’intérêt pour la Wallonie semble aujourd’hui balayé par la crise financière et économique, au moment même où la crise communautaire et les négociations sur une nouvelle grande réforme de l’État passent au second plan des préoccupations des Wallons, des francophones, des Bruxellois et des Flamands dans une moindre mesure.

La cible la plus en vue actuellement est l’échéance électorale de juin 2009, qui laisse penser que, d’ici là, avec la poursuite et le renforcement de la crise économique, l’avenir institutionnel de la Belgique, ne sera pas la préoccupation numéro un des citoyens. Bien sûr, la campagne électorale ne fait que commencer.

Politiquement, le paysage communautaire belge ne va pas être radicalement modifié. Bien sûr, on a déjà assisté à une montée en puissance de la liste Dedecker, en Flandre, et d’une perte de vitesse pour le parti du Premier ministre Yves Leterme, le CD&V qui n’a plus son cartel avec la NVA de Bart De Wever. Parallèlement, le Vlaams Blok a perdu un peu de visibilité, sans doute par les gains potentiels en voix chez le populiste Dedecker. En Wallonie, il ne faut pas s’attendre à un effet Dedecker avec la liste que compte lancer Rudy Aernoudt, ancien grand commis flamand qui a dirigé des cabinets ministériels en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre.

Quoi qu’il arrive, la Flandre conservera, crise ou pas crise, sa forte identité communautaire, ancrée dans la population depuis des décennies. A Bruxelles, une autre pièce se joue avec la revendication de certains grands élus (P.S.) de participer activement aux futures négociations sur la réforme de l’État dont Bruxelles est un des enjeux.

Le « wooncode » flamand

La non-nomination de plusieurs bourgmestres de la périphérie bruxelloise, l’instauration d’une politique dite du « Wooncode » du ministre flamand Marino Keulen, excluant des logements sociaux, voire tout simplement des communes flamandes, les personnes ne pratiquant pas la langue néerlandaise, ainsi que des éléments plus folkloriques (tel bourgmestre retirant le drapeau belge de son édifice communal) montrent bien qu’il y a tout de même urgence à régler deux questions qui s’opposent entre le clan néerlandophone et le clan francophone de Bruxelles : mettre sur la table, à la fois l’élargissement de la Région de Bruxelles, et la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Deux revendications parfaitement antinomiques.

Quelques voix, non négligeables, plaident pour la création d’une circonscription électorale fédérale où il serait possible d’élire un nombre déterminé et limité de parlementaires issus des différentes communautés linguistiques du pays. Le libéral flamand Herman De Croo est de ceux-là qui pensent qu’un Flamand peut voter pour un francophone et vice-versa, sans que cela puisse heurter notre morale politique.

Plusieurs questions vont encore se poser. Existe-t-il réellement une identité wallonne ? Que va revendiquer la Communauté flamande qui est un fait, une réalité, avec un ancrage bruxellois très fort puisque Bruxelles est la capitale de la Communauté flamande ?

Des fêtes en pagaille

Sur le plan du folklore, avec toute la symbolique que l’on peut y rechercher, chaque communauté a sa fête : le 11 juillet pour la Communauté flamande ; le 27 septembre pour la Communauté française ; Le 15 novembre (jour de la Fête du Roi) pour la Communauté germanophone et aux alentours du 8 mai (fin de la deuxième guerre mondiale) pour la Fête de l’Iris, fête officielle de la Région Bruxelles-Capitale.

En Wallonie, les choses sont moins claires. Plusieurs fêtes de Wallonie sont organisées dans différentes villes, dont essentiellement à Namur, mais à des dates différentes. Il n’y a pas d’unité dans l’organisation des fêtes de Wallonie qui, de l’avis de certains, devraient se confondre avec la fête de la Communauté française le 27 septembre. Il est vrai que les fêtes de Wallonie se veulent un rappel des journées de septembre 1830 lorsque les troupes de Guillaume d’Orange furent chassées de Bruxelles. Les fêtes de Wallonie ne marquent pas l’actualité politique de manière mémorable, soit qu’elles se confondent avec une grande liesse populaire doublée d’une guindaille namuroise, soit qu’elles s’illustrent dans des cortèges folkloriques et des dégustations liégeoises, soit encore qu’elles prennent les allures d’un mini 14 juillet avec le feu d’artifice sérésien.

Séparatistes wallons minoritaires

Le paysage communautaire et « folklorique » belge, dont la fête nationale reste fixée au 21 juillet, est caractérisé par une certaine pagaille, un certain désordre, surtout au Sud du pays où l’on semble avoir du mal à se mettre d’accord sur une date unique célébrant l’identité wallonne. Mais en ressent-on réellement le besoin ? La question n’est pas tranchée. Si plus de la moitié des Wallons se disent attachés à la Monarchie et, par voie de conséquence, à une Belgique unie, une frange de plus en plus large plaide pour une séparation pure et simple. Cette frange est encore minoritaire.

On l’a souligné : l’actualité financière et économique a mis sous le boisseau la question communautaire. Du moins provisoirement. Dès avant la fin de cette année, un groupe de négociateurs, issus des partis flamands, francophones et sans doute bruxellois vont plancher sur une nouvelle réforme de l’État. Or, celle-ci ne relève pas des préoccupations premières d’une grande partie de la population francophone, plus inquiète de la situation économique qui s’est largement détériorée ces derniers temps et dont il semble bien qu’on n’ait pas encore connu le pire.

Pouvoir d’achat, chômage, emploi, formation, soins de santé, logement, voilà quelques éléments qui prédominent dans l’esprit des Wallons et sans doute des Bruxellois. Dans le même esprit, la Flandre n’échappe pas à la crise économique qui frappe durement certains secteurs d’activité, comme l’automobile. En Wallonie, c’est tout le secteur de la sidérurgie et des innombrables sous-traitants qui est touché par une récession implacable.

L’arbre qui cache la forêt

Sur les questions communautaires, le rideau est tiré. Pour l’instant. Parce que le pays, comme d’autres nations industrialisées, va connaître des périodes particulièrement difficiles. On verra le retour à l’austérité, aux cortèges de pertes d’emplois massivement, aux tentatives faiblardes de nos gouvernants à juguler la crise et la récession.

Des secteurs entiers de l’économie vont sombrer dans un certain marasme. Des experts prédisent une chute assez significative du marché de l’immobilier, un secteur naturellement gros pourvoyeur d’emplois. En Wallonie, une fois les fours de la sidérurgie éteints, d’autres secteurs vont subir le contre-coup de la crise. Les deniers publics ne pourront pas assurer la relance des infrastructures, pas plus que de l’industrie dont l’élan est stoppé net par des stratégies internationales plus spéculatives que réalistes.

Le déclin wallon de la fin des années ’50 est de retour. L’accroissement du chômage et la nette baisse du pouvoir d’achat auront des répercussions immédiates sur le sort de nombreuses PME, déjà au bord de l’étouffement.

L’avenir de la Belgiek

C’est dans ce climat que viendra l’échéance électorale de juin 2009. Le communautaire n’enflammera pas les masses en Wallonie, alors qu’il va grimper en température en pays flamand. On s’achemine donc vers un débat inextricable d’où aucune solution valable à moyen terme ne peut émerger. En politique, la méthode « Coué » ne fonctionne que si l’économie, en arrière-plan, est bien portante. On est loin du compte. La Belgiek devrait donc poursuivre son petit bonhomme de chemin au gré des courants dominants. Fatalement flamands.

Le plaidoyer flamand des PME pour une grande réforme de l’État

En août 2008, l’Union flamande des entrepreneurs indépendants (Unizo, l’équivalent flamand de l’Union wallonne des classes Moyennes) publiait sa position sur la prochaine réforme de l’État.

« On a déjà dit et écrit tant de choses à propos de la réforme de l'État, l'une déjà plus (in)sensée que l'autre. Cette question évolue peu à peu vers une opposition entre les "conservateurs" et les "progressistes". Les conservateurs ne jurent que par le passé, tandis que les progressistes croient dur comme fer en une évolution permanente, aussi en ce qui concerne la S.A. Belgique. Comme c'est généralement le cas, les extrêmes débouchent rarement sur des solutions. La voie à suivre se situe généralement au milieu.

« Il est par contre évident que des progrès rapides s'imposent désormais dans cette recherche de la voie idéale. Dans le monde économique, nous sommes habitués à manier un timing bien défini et à oeuvrer en vue d'un résultat concret. Nous attendons la même attitude de nos acteurs politiques. Il est donc grand temps que tous ceux qui portent une quelconque responsabilité politique ou sociale s'engagent clairement. Y compris les partenaires sociaux, fédéraux et régionaux. Nous ne voulons plus entendre parler de politique politicienne et de grandes stratégies des différents partis. Les citoyens et les entrepreneurs en ont assez et pénaliseront tôt ou tard les politiciens indécis.

« Nos principaux soucis concernent l'impact socio-économique de la crise politique, des pouvoirs publics plus efficaces et davantage de chances pour tous, à commencer par les entreprises dont nous vivons tous, sans exception. Voilà pourquoi nous plaidons pour une analyse pragmatique et objective de la situation en vue de pouvoir poser le diagnostic le plus correct possible qui nous permettra de prescrire les remèdes les plus appropriés.

« Quelques faits aussi durs qu'irréfutables : 1. Le coût de la vie a augmenté dans des proportions relativement élevées au cours des mois écoulés. Ces augmentations des prix sont toutefois compensées dans une large mesure par l'indexation des salaires. 2. L'évolution de la conjoncture est défavorable pour les PME. 3. Le coût du vieillissement pèse de plus en plus lourdement sur les caisses de l'État et de la Sécurité sociale. Cette évolution nous coûtera 5 milliards d'euros de plus en 2013. En 2030, cette facture atteindra un montant supplémentaire de pas moins de 14,2 milliards d'euros (des euros d'aujourd'hui) suite aux dépenses croissantes pour les pensions et les soins de santé. Sous la pression de diverses actions syndicales, les entreprises se voient contraintes depuis plusieurs mois d'accorder des augmentations salariales forcées, en dépit des accords salariaux conclus entre employeurs et salariés. Le gouvernement subit en outre une pression constante l'incitant à faire "quelque chose" pour le pouvoir d'achat.

« Restons modestes. Un gouvernement dirigeant un pays comme le nôtre ne peut exercer qu'une influence très limitée sur l'inflation. Nous devons connaître la place que nous occupons dans le monde et faire ce que nous pouvons et ce qui est réellement nécessaire. Cela signifie entre autres de ne soutenir que les compatriotes qui connaissent un réel problème de pouvoir d'achat. Une telle démarche est possible entre autres en appliquant un abaissement des charges et impôts sur les salaires les plus bas et en introduisant un indice net qui ne s'applique qu'au salaire net en évitant ainsi un coût supplémentaire pour les entreprises tout en préservant le pouvoir d'achat des salariés. L'adaptation de certaines allocations bien déterminées est possible à nos yeux, mais liée à court terme à une diminution des charges pour les entreprises, notamment pour les bas et moyens salaires, et à une extension du nombre d'heures supplémentaires. L'approche à moyen et long terme exige par contre des mesures plus drastiques. Nous devrons trouver 5 milliards d'ici 2013 et 14 milliards d'ici 2030 pour compenser le vieillissement de la population. Une telle évolution n'est possible qu'en générant une plus grande croissance économique, entre autres en appliquant une politique économique plus efficace, en mettant davantage de gens au travail grâce à une meilleure gestion du marché du travail et en menant une politique budgétaire stricte.

« Il faut savoir qu'aucune de ces mesures socio-économiques indispensables n'est plus possible dans notre pays sans une réforme appropriée de l'État. Il ne s'agit donc plus simplement de manifestations plus ou moins bruyantes de quelques nationalistes extrémistes. La réforme de notre système étatique est une nécessité socio-économique absolue dans l'intérêt de tous les citoyens et entreprises.

« Après un an de discussions de "tout ou rien", cette vérité se fait clairement jour dans tous les partis politiques et dans l'esprit d'un certain nombre d'acteurs socio-économiques oeuvrant tant sur le devant de la scène qu'en coulisses. Il semble enfin que tous les politiques de premier plan, tant au Nord que dans le Centre et le Sud, ont acquis l'idée d'une "réforme approfondie de l'État". En ce qui nous concerne, cette démarche sous-entend une responsabilité (financière) pour les régions, une politique de l'emploi en fonction des besoins régionaux (20 % de chômeurs à Bruxelles, 15 % en Wallonie et une pénurie en Flandre) et un appui fiscal direct aux entreprises au lieu de subsides régionaux incertains pour les entreprises.

« Un état fédéral efficace ne peut tout simplement plus survivre sans une telle réforme et donc sans une politique cohérente. Il va de soi que tous les partis politiques portent une grande responsabilité dans l'organisation efficace de cette démarche sur base d'un "bussinessplan" équilibré et soigneusement étayé. Les citoyens et les entreprises attendent de leurs représentants politiques qu'ils donnent des solutions aux problèmes, non pas d'en créer encore plus. Toute personne sensée comprendra que toute négociation implique d'accepter un peu d'eau dans son vin. D'autre part, nous sommes conscients que nous ne pouvons pas nous limiter à donner des leçons à nos politiciens en notre qualité de partenaires sociaux responsables. Nous devons nous engager à notre tour.

« Si la réforme de l'État s'avère réellement indispensable en termes socio-économiques - et c'est le cas -, toutes les organisations représentatives des employeurs et organisations syndicales, tant fédérales que régionales, doivent prendre leurs responsabilités, car l'une de leurs tâches essentielles consiste à participer au développement d'instruments plus efficaces et à la création d'accords concrets pour les régions et les pouvoirs publics fédéraux. Car la réforme de l'État se fera, avec ou sans deadline, tout simplement parce que le secteur socio-économique n'a pas d'autre issue. 90 pc des entrepreneurs flamands en sont convaincus. C'est ce que révèle un sondage Unizo récent parmi 1.063 PME flamandes. »

Quand les Français mettent leur nez chez nous

En juin 2005, sous la plume d’Olivier Bailly et Michaël Sephiha, l’hebdomadaire français « Le Nouvel Observateur » publiait un tableau belgo-belge, sorte de caricature réelle des relations communautaires belges. Ils comparaient deux villages, Wanze, en Wallonie, et Kruibeke, en Flandre, donnaient la parole à leur représentant et brossaient deux portraits un peu cocasses de l’identité communautaire de part et d’autre de la frontière linguistique.

« Là où Wanze, avec son conseil communal (conseil municipal) entièrement socialiste, illustre la puissance du PS en Wallonie, Kruibeke la Flamande confirme l’image catholique du nord de la Belgique. Alors qu’à Wanze l’église est nettement séparée de la place communale, à Kruibeke elle trône au milieu du village. Pendant l’agonie très médiatisée du pape Jean Paul II, la mairie de Kruibeke arborait les drapeaux de la ville et de la Flandre ; mais, devant la maison du bourgmestre, c’est le drapeau du Vatican qui était en berne... L’église est entourée par la mutualité chrétienne, le syndicat chrétien, la maison communale (mairie) et le presbytère. Bien en vue, là aussi, le drapeau du Vatican. Pour parfaire l’osmose entre la commune et son église, les annonces des permis de bâtir s’apposent sur les panneaux d’affichage de l’édifice religieux. « Mais peu de gens vont à l’église », regrette M. Antoine Denert, bourgmestre de la commune depuis 1983.

« Je n’ai rien personnellement contre les Wallons, poursuit ce chrétien convaincu, qui se définit comme flamingant et nationaliste flamand. Quand je reçois des collègues wallons en visite, je sors un drapeau wallon. Ce n’est pas en Wallonie qu’on verrait ça. Mais moi, je suis un extrémiste en tolérance », se plaît-il à répéter. Pourtant, le bourgmestre de Kruibeke reprend volontiers le slogan du parti d’extrême droite, le Vlaams Belang : « Eigen Volk Eerst » (Notre propre peuple d’abord). « Je n’ai pas de problème avec cela. Il faut d’abord être fort avant d’aider les autres. La Wallonie a une autre mentalité et une autre culture. Les Wallons approchent les problèmes différemment et fixent d’autres priorités. Au niveau de la gestion, par exemple, nous sommes plus rigoureux en Flandre. » A l’évidence, il ne verrait pas d’un mauvais œil l’indépendance de « sa » Flandre.

« A Wanze, M. Parmentier met également en avant son identité wallonne, mais il défend l’unité de la Belgique. « Je suis pour un fédéralisme bien compris, qui respecte les conceptions, les cultures différentes. Mais le séparatisme est une mauvaise idée. » Pourtant, dans la brochure qu’il remet aux Wanzois fraîchement installés dans sa commune, la ville est décrite comme s’inscrivant « au cœur de la région de Liège, de la Wallonie et de l’Europe ». Entre la Wallonie et l’Europe, n’existerait-il donc plus d’espace politique intermédiaire ? »

La conclusion sera donnée en juin 2008, lors des élections législatives qui montreront l’évolution de toutes ces tendances.

Copyright : Luc Caucheteux

Annexe

Le Wallon se sent de plus en plus Français !
« La Voix du Nord et Le Soir » du 25 juillet 2008, publiaient conjointement un sondage sur l’éventuelle volonté des Wallons d’un rattachement à la France. Le tableau, résumant les grandes tendances de ce sondage, montre l’évolution des mentalités entre fin 2007 et juillet 2008, avec de grands changements en faveur d’un rapprochement vers la France. De même, le tableau indique comment ce souhait de rattachement est ressenti en France, essentiellement dans les régions frontalières.
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