Piece de théâtre

Laura -  
Misslecture Messages postés 11 Statut Membre -
Bonjour,
Je recherche une piece de théatre simple et marrante a jouer lors d'un mariage. Nous serons que 2 personnes ou seulement moi.

Merci d'avance

1 réponse

  1. Misslecture Messages postés 11 Statut Membre
     
    je te conseille le bouriccotqui se joue a trois

    ELLE - Moi, je te dis que ça se peut pas !
    LUI- Et moi, je te dis que ça se peut !
    ELLE- Moi, je te dis qu'il faut pas !
    LUI- Et moi, je te dis qu'il faut !
    ELLE- Tu n'as pas le droit de faire ça !
    LUI- J'en ai le droit, que je te dis !
    ELLE- Enfin, quoi, je suis ta femme, oui ou non ?
    LUI- Justement parce que tu es ma femme
    ELLE- Alors, là je ne comprend plus !
    LUI- Hé là mon Dieu, qu'elle est bête ! C'est pourtant simple: tu es ma femme, tu viens de le dire ?
    ELLE- Ben, oui
    LUI- Donc, je suis ton mari, par le fait
    ELLE- Ben, oui
    LUI- Don tu dois m'obéir!
    ELLE- T'obéir, t'obéir, moi je veux bien... mais ça dépend pour quoi !
    LUI- Y a pas de "ça dépend" ! Tu dois m'obéir, c'est tout !
    ELLE- Mais t'a pas le droit de me chasser !
    LUI- Et pourquoi que je te chasserais pas ?
    ELLE- Ben ...
    LUI- C'est moi l'homme, oui ou non ?
    ELLE- C'est toit l'homme, oui, mais ...

    LUI- Alors, si c'est moi l'homme, c'est moi qui décide
    ELLE- Bon. Admettons. Tu es l'homme, tu décide.Tu as peut-être le droit de me chasser ...
    LUI- Là ! Tu voix bien !
    ELLE- Mais t'as pas le droit de me vendre !
    LUI- En voilà bien une autre ! Et pourquoi donc ?
    ELLE- Ben, j'sais pas, moi ...
    LUI- Tu vois bien ! Tu sais pas !
    ELLE- Enfin quoi, je suis une femme !
    LUI- Est-ce que je te dis le contraire ?
    ELLE- Je suis ta femme

    LUI- Et moi je suis ton mati. Tu dois m'obéir.
    ELLE- Mais moi, je t'aime !
    LUI- Raison de plus. Si tu m'aimes, tu dois être contente de me rapporter de l'argent.
    ELLE- Et si je ne veux pas ?
    LUI- Si tu ne veux pas, c'est autre chose. Tu voix ce bâton ?
    ELLE (reculant) - Non, non !
    LUI- Je vois que tu m'as compris. Alors ?
    ELLE- C'est bon, tu es le plus méchant. Fait donc ce que tu veux.
    LUI- Voilà comme j'aime t'entendre causer. A présent, écoute-moi bien.
    ELLE- Je t'écoute.
    LUI- Voilà: tu es un bourricot.

    ELLE- Je t'écoute.
    LUI- Voilà: tu es un bourricot

    ELLE- Pardon ?
    LUI- Je te dis qui tu es un bourricot. T'es sourde ?

    ELLE- Mais c'est pas vrai ! Je suis pas un bourricot !
    LUI- La v'la qui recommence ! Tu n'as donc rien compris ?

    ELLE- Mais ...
    LUI- Ecoute et ne me fais pas répéter trente-six fois la même chose. Tu sais bien que nous sommes pauvres ?

    ELLE- Oui, je le sais !
    LUI- Que nous n'avons plus d'argent ?

    ELLE- Oui ... Non !
    LUI- Que nous n'avons plus rien à manger, est-ce vrai ?

    ELLE- Non ... Oui !
    LUI- Il faut donc que je te vende !

    ELLE- Oui... Non...
    LUI- Quoi ?

    ELLE- Bon, d'accord.
    LUI- Seulement je ne peux pas te vendre comme femme, parce que, comme femme, t'es trop moche. Alors, je te vends comme bourricot.

    ELLE- Mais, voyons... est-ce que j'ai l'air d'un bourricot ?
    LUI- Ca, ce n'est pas ton affaire, c'est la mienne. Alors, maintenant, tu fais ce que je te dis, tu ferme ta grande gueule et tu ne répond que si je t'interroge. D'accord ?

    ELLE- Comme tu veux. Mais ...
    LUI- Plus un mot! Je t'annonce !

    (Ton du bonimenteur de foire.)

    Approchez, mesdames, messieurs !

    Ouvrez l'oeil, ouvrez les yeux !

    J'ai un bourricot à vendre!

    Il est à qui veut le prendre!

    C'est un joli bourricot,

    Bien solide, bien costaud,

    Qui vous fera ben d'l'usage !

    Si un jour il n'est pas sage,

    Quelques bons coups de bâton

    Le mettront à la raison !

    ELLE - Non, mais dis donc !

    LUI - Toi, tu la boucle !

    LE CLIENT ( C'est un deuxiéme paysan, grand et fort. Il s'approche) - Pardon, m'sieur, excuse-moi si je me trompe ... J'entend dire comme ça que vous auriez un bourricot à vendre ?

    LUI- Parfaitement, monsieur.

    LE CLIENT - Et où est-il ?

    LUI - Ici.

    LE CLIENT - Où ça, ici ?

    LUI - Ben, ici ...(un temps) - Vous ne voyez pas clair ?

    LE CLIENT - Vous ne voulez pas dire que madame ...

    LUI - C'est pas une madame, c'est un bourricot.

    LE CLIENT - Excuse-moi, mais ... elle n'en a pas l'air !

    LUI - Elle n'en a pas l'air, mais c'est un bourricot !

    LE CLIENT - Et ... qu'est-ce qui me le prouve ?

    LUI - Comme ça, ce qui vous le prouve ? Est-cr que par hasard vous me prendriez pour un menteur ?

    LE CLIENT - Je ne dis pas ça, mais ...

    LUI - Ce qui vous le prouve, c'est ma parole d'abord ... et puis la sienne ensuite ! (A elle) - Pas vrai, que t'es un bourricot ?

    ELLE - Oui, oui, je suis un bourricot !

    LE CLIENT - Alors, si c'est lui qui le dit... Mais au fait !

    LUI - Quoi ?

    LE CLIENT - Un bourricot, ça ne parle pas !

    LUI - Les autres, non, mais celui-ci, si !

    LE CLIENT - Ben comment que ça se fait ?

    LUI - Parce que c'est... un bourricot savant !

    LE CLIENT - Ah ! bon ! Mais dites-moi : je ne vois pas ses oreilles.

    LUI - Ben, les v'la ses oreilles !

    LE CLIENT - Mais elles sont toutes petites.

    LUI - Les souris les lui ont mangées.

    LE CLIENT - Ah ! bon ! Mais ses sabots...

    LUI - Ben, les v'las, ses sabots !

    LE CLIENT - Oui, mais ... ce sont des sabots de gens, ce ne sont pas des sabots de bourricot !

    LUI - Et qu'est-ce que ça peut foutre, du moment que ce sont des sabots ?

    LE CLIENT (Il recule d'un pas ) - Ouais, ouais... Tout de même, pour un bourricot... il a une drôle d'allure !

    LUI - Qu'est-ce que vous lui trouvez, à son allure ?

    LE CLIENT - Ben, par exemple, il y a des mains... C'est la première fois que je vois un bourricot avec des mains !

    LUI - Ça, c'est la race.

    LE CLIENT - La race ? Quelle race ?

    LUI - Une nouvelle race, comme ça. Le bourricot à mains. Ça lui permet de prendre les paquets, de se charger lui-même. C'est trés pratique !

    LE CLIENT - Ça, pour être pratique... Mais ce n'est pas tout: il marche sur les pattes de derrière, votre bourricot...

    LUI - Oui. Et alors ?

    LE CLIENT - Alors, comment voulez-vous que je le charge ?

    LUI - Faites-lui portez des sacs, des colis sur l'épaule, une lessiveuse sur la tête, ou tirer une charrette ...

    ELLE (protestant) - Une charrette, tu vas fort !

    LUI (menaçant) - Tu vas la boucler, oui ?

    LE CLIENT - Mais... il raisonne, en plus ?

    LUI - Oui, de temps en temps... Mais faut pas le laisser faire !

    LE CLIENT - Ça aussi, c'est la race ?

    LUI - Oui, c'est la race.

    LE CLIENT - Vous ne retrouverez pas ça... bizarre ?

    LUI- Non, je ne trouve pas ca bizarre. Et même c'est bien utile !

    LE CLIENT- Utile, comment ça donc ?
    LUI- Ben oui, puisqu'il comprend le français... Il peut pas faire semblant d'ignorer ce qu'on lui veut ... Alors il faut qu'il obéisse, pas vrai ? Ou bien qu'il dise pourquoi ?

    LE CLIENT - C'est juste. Mais dans ce cas, je peux l'interroger ?

    LUI (récitant) - Euh... Oui, si vous voulez... Mais je vous préviens: il est trés bête !

    LE CLIENT- Aucune importance... Dis-moi donc, bourricot !

    LUI- Eh bien quoi ? Réponds donc! Tu vois bien que monsieur te cause !

    ELLE- Oui, monsieur ?

    LE CLIENT- C'est vrai que tu peux porter des sacs, des colis... et traîner une charrette ?

    ELLE- Pour la charrette, faut pas charrier quand même... Mais je peux tirer un diable, ou pousser une brouette, ça oui !

    LE CLIENT- Je vois. Tu n'es pas très costaud ?

    ELLE- Je ferai ce que je pourrai.

    LE CLIENT- Sera-tu content, au moins, si je t'achète ?

    ELLE- Moi ? Je m'en fiche pas mal !

    LUI (furieux) - Non, mais dis donc ! Qu'est-ce que c'est que ces manières ? Tu peux pas être poli ?

    LE CLIENT- Mais, laissez-la, cette brave bête, elle m'a dit ce qu'elle pensait... Au fait, qu'est-ce qu'il mange, ce bourricot ? De l'herbe, du foin, de l'avoine ?

    LUI - Rien de tout ça ! Faites pas de cuisine exprès pour lui ! il mangera comme vous !

    LE CLIENT - Comme moi ?

    LUI - Exactement ! Qu'est-ce que vous mangez, vous ?

    LE CLIENT- Je mange de la soupe, de la légume, de la viande, du fromage ...

    LUI- Eh ben, lui, c'est pareil !

    LE CLIENT- Mais dites donc, ça revient cher, tout ça !

    LUI- Dame ! C'est un bourricot savant !

    LE CLIENT- C'est bon. Combien en demandez-vous ?

    LUI- Ben, au début, comme ça, je pensais deux millions...

    LE CLIENT (sursautant)- Quoi ?

    LUI- Mais après, je me suis dit que c'était peut-être un peu trop ...

    LE CLIENT- Oui, un peu !

    LUI- Et puis vous me plaisez, vous avez une bonne tête...

    LE CLIENT- Merci !

    LUI- Et puis je suis pressé de vendre, j'ai besoin d'argent, vous avez de la chance ...

    LE CLIENT- Tant mieux !

    LUI- Alors, pour vous, ce sera cinq cent mille francs!

    LE CLIENT- Je vois, je vois... (Un temps) - Alors, moi je vous en offre, disons... deux francs cinquante !

    LUI (sursautant) - Combien ?

    LE CLIENT- Deux francs cinquante

    LUI- C'est une plaisanterie, non ?

    LE CLIENT- Pas du tout

    LUI- Vous n'êtes pas sérieux ?

    LE CLIENT - Si, si je suis très sérieux ! Deux francs cinquante.

    LUI- Mais c'est de l'exploitation, du vol, de l'assassinat ! J'aimerais mieux le manger, mon bourricot, plutôt que de le donner pour un prix pareil !

    LE CLIENT - C'est bien, ne pleurez pas ! Mettons trois francs, allez...

    LUI- Écoutez-moi: quatre cent cinquante mille francs, et puis n'en parlons plus.

    LE CLIENT -Bon, je vois que vous êtes raisonnable. Puisque vous insister, j'irai jusqu'à cinq francs, pour vous faire plaisir.

    LUI- Cinq francs ? Mais vous ne vous rendez pas compte ! J'ai une femme et des enfants ! Vous voulez qu'ils meurent ?

    LE CLIENT - Sans blague, vous avez des enfants ?

    LUI- Mais oui ! Des tas d'enfants !

    LE CLIENT - Je l'ignorais, toutes mes excuses. Alors six francs

    LUI- Soyons sérieux: quatre cent tente mille.

    LE CLIENT - Six francs

    LUI- Quatre cent vingt mille.

    LE CLIENT - six.

    LUI- Allons, puisque je vois que vous voulez ma mort, tant pis. Quatre cent mille, c'est mon dernier prix

    LE CLIENT - Six francs, pas un centime de plus

    LUI- Alors, si c'est comme ça... (Il fait mine d'enmener sa femme)

    LE CLIENT -Eh là ! Où allez-vous ?

    LUI- Je vais tuer mon bourricot ! J'en ferai des saucisses !

    LE CLIENT - Vous tenez donc à m'écorcher ? C'est bon pour vous rendre service, j'irai jusqu'à sept francs... Sept francs cinquante !

    LUI- Sept francs cinquante ! Le prix d'un café-créme ! Vous n'iriez même pas jusqu'à dix !

    LE CLIENT - Ben, eh bien dix, tenez ! Si c'est pas malheureux !

    LUI- Vous avez dit dix ?

    LE CLIENT - Dix francs, ou, je l'ai dit !

    LUI- Une fois, deux fois, trois fois ?

    LE CLIENT - Ah ! mais non, par exemple ! Moi, je ne suis pas d'acord !

    LUI- Non, mais de quoi, tu te mêles ?

    ELLE - Je vaux beaucoup plus que ça !

    LE CLIENT -Ah, ben, ça, par exemple !

    LUI - Là! Vous voyez ? C'est le bourricot lui-même qui le dit ! (A elle) Combien tu vaux, alors ?

    ELLE - Je vaux bien cinquante francs !

    LUI - Brave bête ! (Au client) - Vous l'avez entendu ? Alors, c'est cinquante francs !
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